Des rubans de lumière bleue et blanche photographiés en pose longue.

Des rapports de campagne hebdomadaires sans travail manuel

Dans la plupart des équipes marketing que nous côtoyons, le rapport de campagne hebdomadaire est compilé à la main et coûte à une personne l’essentiel de son lundi matin. Nous mettons en place un rapport programmé qui tire trois chiffres directement des plateformes publicitaires et du CRM, parce qu’un rapport sobre que personne ne compile vaut plus qu’un rapport plus attrayant que quelqu’un doit construire.

Muhammad Hussain, associé et chef de la direction7 min de lecture

Où passe le lundi matin

Le rapport hebdomadaire fait partie des tâches qu’une équipe nomme en dernier, parce qu’aucune semaine, prise isolément, ne paraît coûteuse. Le lundi, quelqu’un ouvre la première plateforme publicitaire, règle la plage de dates à la main, exporte les dépenses, puis ouvre la deuxième plateforme et recommence. Dans le CRM, cette personne filtre les demandes des sept derniers jours et les compte par source. Les décomptes vont dans une feuille de calcul où chaque semaine a son onglet depuis la création du rapport, et les soumissions envoyées et acceptées viennent d’une autre vue du CRM, ou de la personne chargée des soumissions, interrogée par message. Un résumé part dans un canal avant la fin de la matinée.

Personne ne chronomètre ce travail. Si on lui demande combien de temps cela prend, la personne donne le chiffre d’une semaine sans accroc. Quand nous reconstituons avec elle les cinq derniers jours ouvrables, la matinée comprend une exportation qui a échoué et un décompte du CRM qui ne concordait pas avec celui de la semaine précédente. Ce qu’en font les destinataires est plus difficile à savoir, car un canal enregistre l’arrivée d’un rapport, et non la lecture de ses chiffres.

La matinée est le moindre des coûts. Le plus lourd, c’est que le rapport dépend d’une personne. Quand quelqu’un assure un remplacement pendant les vacances, il choisit une autre plage de dates ou omet une campagne que la personne habituelle inclut, et le chiffre bouge pour une raison qui n’a rien à voir avec les campagnes. Un chiffre produit différemment chaque semaine ne peut pas être comparé à celui de la semaine précédente, alors que c’était toute la raison de le produire.

Les trois chiffres et la provenance de chacun

Au départ, notre rapport contient trois chiffres et rien d’autre : les demandes par source, la dépense par demande, et les soumissions envoyées et acceptées. Nous nous y tenons délibérément. Chacun est tiré du système qui le contient déjà, sans intervention humaine. Tout ce qu’une équipe demande d’autre à la première réunion attend que ces trois chiffres aient fait leurs preuves pendant un mois.

Les demandes par source proviennent du CRM, et uniquement du CRM, ce qui fonctionne là où chaque demande est devenue une fiche dès son arrivée, avec sa source inscrite. C’est pourquoi, dans la plupart de nos mandats, la mise en place du suivi vient en premier et le rapport ensuite. Le rapport compte les fiches des sept derniers jours et les regroupe selon ce champ. Il ne fait aucune modélisation de son côté. Quand une fiche ne porte aucune source, le rapport ne devine pas.

Les dépenses viennent des rapports de chaque plateforme publicitaire, extraites pour les mêmes sept jours, et la dépense par demande est calculée dans le rapport, et non par une personne. Nous définissons la division une fois pour toutes. Les campagnes comptées et le jour où commence la semaine sont décidés à ce moment-là et inscrits dans la tâche programmée, parce qu’une personne qui calcule à la main refait ces choix chaque semaine sans s’en apercevoir.

Les soumissions envoyées et acceptées viennent des étapes de transaction du CRM, ce qui ne fonctionne que si la transaction change d’étape d’elle-même quand une soumission est acceptée ou payée. Si l’étape est encore changée à la main le vendredi, le rapport lit le vendredi et non la semaine. Le chiffre des soumissions est donc celui dont nous sommes le moins sûrs le premier mois. Nous le signalons sur la page, à côté du chiffre, jusqu’à ce que les changements d’étape soient automatisés à leur tour.

La mise en place est surtout affaire de définitions

La mise en place elle-même est modeste. Une tâche programmée s’exécute tôt le lundi matin. Elle extrait de chaque plateforme publicitaire les dépenses par campagne des sept jours précédents, et du CRM les demandes et les transactions de la même période. Le résultat est inscrit sur une page qui a la même apparence chaque semaine depuis sa création : un chiffre pour chaque source de demandes, une dépense par demande pour chaque plateforme publicitaire, les soumissions envoyées et les soumissions acceptées, avec le chiffre de la semaine précédente à côté de chacun. Chaque cellule de la page est une ventilation de l’un des trois chiffres, et leur nombre dépend du nombre de sources et de plateformes qu’utilise le client. Un court message, avec la page en pièce jointe, part dans le canal de l’équipe à la même minute chaque semaine.

L’essentiel du temps va aux définitions, celles qui sont inscrites dans le document de référence avant la mise en place. La semaine va du lundi au dimanche. Une demande est une fiche créée pendant la période, si bien qu’un pourriel envoyé par le formulaire et supprimé le mardi compte quand même, sauf si la règle qui l’exclut est inscrite dans la tâche programmée. Chaque définition a sa ligne en petits caractères sous le tableau, pour que la personne qui lit un chiffre puisse voir ce qu’il dénombre.

Pendant les deux premières semaines, la tâche programmée tourne parallèlement au rapport manuel, et nous comparons les deux. Ils concordent rarement la première semaine. L’écart tient presque toujours à une définition, une campagne que la personne omettait discrètement ou une plage de dates qui allait du dimanche au samedi, et une fois l’écart nommé, la version manuelle s’arrête.

La tâche programmée dérive le plus souvent à cause d’une nouvelle campagne. Lancée en milieu de semaine, celle-ci n’obtient jamais la ligne qu’il lui faut dans la règle qui définit les campagnes comptées, et ses dépenses manquent au rapport tant qu’elle dure. Avant la première exécution, nous désignons avec le client la personne de son équipe qui sera responsable de cette règle. Cette personne reçoit une note de passation rédigée pour les outils qu’elle ouvre déjà, avec l’horaire, chaque connexion et l’emplacement de la liste des campagnes, afin de pouvoir ajouter la ligne sans nous appeler.

Pourquoi la version sobre vaut davantage

Les équipes veulent généralement que le nouveau rapport ait meilleure allure que celui qu’elles construisaient à la main, et nous résistons à cette envie pendant le premier mois. Un tableau dont les cellules occupent les mêmes places chaque lundi permet au lecteur d’aller droit à celle qui a bougé, parce que l’œil va à la cellule et non à la mise en page. Un graphique redessiné chaque fois que quelqu’un a une meilleure idée est lu pour sa présentation. C’est la version sobre qui est lue.

Derrière le rapport plus attrayant, il y a une personne. Quelqu’un tient le modèle à jour quand une plateforme modifie son exportation, et cette même personne doit être à son bureau le lundi pour que le rapport parte. Un chiffre hebdomadaire qui arrive la plupart des semaines vaut beaucoup moins qu’un chiffre qui arrive chaque semaine, parce que la comparaison avec la semaine précédente est sa seule raison d’être.

Une variante de ce débat aboutit à un tableau de bord, et nous y résistons pour la même raison. Un tableau de bord est accessible en permanence, ce qui, en pratique, veut dire que personne n’a de raison de l’ouvrir un jour plutôt qu’un autre. Le rapport programmé interrompt la semaine une seule fois, à heure fixe. Cette interruption est le but. Quand un client veut des graphiques, nous les ajoutons le deuxième mois, une fois que les chiffres sont restés quelques semaines dans un tableau sans être contestés.

Ce que le rapport ne nous dit pas

Il ne dit pas pourquoi. Une dépense par demande qui a augmenté la semaine dernière figure sur la page sous forme de chiffre, et ce chiffre ne dit rien de l’annonce ou de la page de destination qui l’a fait bouger. C’est une question pour une personne, un mardi, la plateforme ouverte. Le rôle du rapport est de faire en sorte que la question soit posée la semaine où elle compte, et non à la fin du trimestre.

Le décompte ne vaut que ce que vaut la saisie qui l’alimente. Une demande arrivée par téléphone et jamais saisie est invisible pour le rapport, et une fiche dont la source est restée vide apparaît dans une colonne intitulée « inconnu ». Nous plaçons délibérément cette colonne sur la page et nous surveillons sa taille. Une colonne « inconnu » qui grossit est le premier signe que la saisie commence à se relâcher, et il coûte moins cher de le voir un lundi qu’au trentième jour.

Et il n’oblige personne à le lire. La quatrième condition que nous apportons en séance de stratégie est que quelqu’un veuille le résultat, et le rapport hebdomadaire met cette condition à l’épreuve chaque semaine. Si le canal devient silencieux et que personne n’a posé de question sur un chiffre depuis un mois, nous demandons si le rapport doit continuer. L’arrêter est une vraie réponse. Plus de 10 000 heures de travail marketing manuel ont été automatisées dans l’ensemble de nos mandats au cours de la dernière année. Un rapport qui n’est lu par personne compterait dans un total de ce genre sans rien valoir, si bien que le critère que nous lui appliquons est de savoir si quelqu’un a posé une question sur l’un de ses chiffres ce mois-ci.

Ce que nous faisons

Thème :

Opérations de marketing

À propos de l’auteur

Muhammad Hussain est associé et chef de la direction de Nuha Consulting et expert en automatisation du marketing. En savoir plus sur Muhammad

« Pendant les deux premières semaines, la tâche programmée tourne parallèlement au rapport manuel, et la version manuelle s’arrête dès que l’écart entre les deux a été nommé. »

Muhammad Hussain

Autres perspectives

En savoir plus
Un brief de campagne qui contient déjà les chiffres du mois précédent se rédige plus vite Une rangée courbe de dominos en verre, dont le premier bascule. 6MIN DE LECTURE Opérations de marketing Un brief de campagne qui contient déjà les chiffres du mois précédent se rédige plus vite
Les prochains rendez-vous se trouvent parmi les contacts sans activité depuis douze mois Des rangées de fiches en métal, dont une est soulevée et éclairée en bleu. 6MIN DE LECTURE Données et CRM Les prochains rendez-vous se trouvent parmi les contacts sans activité depuis douze mois
Quelles tâches répétitives valent la peine d’être automatisées, et lesquelles non Un escalier de pierre sombre qui monte vers une fente de lumière bleue. 5MIN DE LECTURE Stratégie Quelles tâches répétitives valent la peine d’être automatisées, et lesquelles non
Les chiffres à arrêter ensemble avant de construire quoi que ce soit Des rangées de fiches en métal, dont une est soulevée et éclairée en bleu. 5MIN DE LECTURE Mesure Les chiffres à arrêter ensemble avant de construire quoi que ce soit

Discutez de l’un de ces processus avec nous

Si une équipe marketing effectue encore l’un de ces processus à la main, nous le passons en revue lors d’un premier appel et indiquons dans quelle mesure il pourrait s’exécuter seul.

Planifier un appel de 20 minutes (s’ouvre dans un nouvel onglet)